
Un nouveau médicament pour le traitement de la CBP devrait arriver prochainement sur le marché : l’Elafibranor, sous la marque Iqirvo, vient de recevoir l’avis favorable du comité scientifique de l’Agence européenne des médicaments (AEM).
L’Elafibranor s’adresse aux patients qui n’ont pas une réponse suffisante à l’acide ursodésoxycholique, ou y sont intolérants. Sa disponibilité prochaine serait une bonne nouvelle pour les patients qui sont dans ces cas, surtout après le destin chaotique de l’Ocaliva.
L’Elafibranor a été développé par la biotech Genfit, qui a passé un accord avec le laboratoire Ipsen pour sa commercialisation. Ces deux structures plaçaient beaucoup d’espoir dans ce nouveau médicament, développé pour traiter la NASH (stéatose hépatique non alcoolique), un énorme marché potentiel. Mais les tests cliniques n’ont finalement pas été concluants, révélant cependant que l’Elafibranor était efficace dans les cas de Cholangite Biliaire Primitive. Un nouvel exemple de l’incertitude des processus de recherche médicale.
La date de disponibilité effective de l’Iqirvo n’est pas annoncée, l’autorisation de mise sur le marché dépend encore de l’évaluation des autorités médicales françaises, la décision finale au niveau européen étant prévue pour le troisième trimestre.
Quelques extraits du communiqué de presse d’Ipsen annonçant l’avis sur Iqirvo, conjointement à celui d’un médicament pour une autre maladie biliaire :
Ipsen reçoit des avis positifs du CHMP pour Iqirvo® (elafibranor) dans la cholangite biliaire primitive et Kayfanda® (odévixibat) dans le syndrome d’Alagille, deux maladies rares du foie cholestatiques
Ipsen a annoncé aujourd’hui avoir reçu deux avis positifs du Committee for Medicinal Products for Human Use (CHMP), le comité scientifique de l’Agence européenne des médicaments (AEM), pour deux médicaments différents contre des maladies cholestatiques rares issus du portefeuille en croissance du Groupe. Iqirvo® (elafibranor) est recommandé pour le traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP) en association avec l’acide ursodésoxycholique (UDCA) chez l’adulte présentant une réponse inadéquate à l’UDCA, ou en monothérapie chez les patients intolérants à l’UDCA.
« Nous sommes ravis d’avoir reçu le même jour des avis positifs du CHMP pour deux nouveaux médicaments potentiels dans le traitement des maladies rares du foie cholestatiques. Il s’agit là d’un accomplissement rare, qui témoigne de notre engagement à répondre aux besoins médicaux non satisfaits des patients atteints de ces maladies, » a déclaré Christelle Huguet, Vice-Présidente Exécutive, Directrice de la R&D. « La CBP peut provoquer des lésions au niveau du foie, voire une insuffisance hépatique en l’absence de traitements efficaces. La décision communiquée ce jour nous rapproche de notre objectif de proposer aux patients Iqirvo, qui améliore de manière significative les biomarqueurs de la progression de la maladie sans aggraver les symptômes.
Premier de sa classe thérapeutique, Iqirvo est un agoniste des récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPAR). Il est administré par voie orale. Ipsen a signé un accord de licence avec Genfit pour Iqirvo en 2021. L’avis positif du CHMP se base essentiellement sur les données de l’essai de Phase III ELATIVE. Le critère composite a été atteint, les résultats démontrant des améliorations statistiquement significatives des taux d’alkaline phosphatase (ALP) et de bilirubine totale (BT), biomarqueurs de la progression de la CBP. Pour le critère d’évaluation secondaire clé utilisant le score WI (Worst Itch) NRS, une tendance à l’amélioration du prurit (démangeaisons) a été observée pour elafibranor par rapport au placebo, non significative sur le plan statistique. Deux autres mesures de résultats secondaires rapportés par les patients ont été utilisées pour évaluer les démangeaisons. Des réductions plus importantes ont été observées avec Iqirvo par rapport au placebo à la semaine 52, telles que mesurées dans la section relative aux démangeaisons du questionnaire « PBC-40 » (différence moyenne LS -2,3 ; IC 95 %, -4,0 à -0,7) et le score total de l’échelle « 5-D Itch » (différence moyenne LS -3,0 ; IC 95 %, -5,5 à -0,5)1.
« La CBP est une maladie évolutive dans laquelle un grand nombre de patients sont intolérants ou ne répondent pas aux traitements actuellement disponibles. La maladie peut alors progresser de façon continue, et ne sera pas détectée avant le prochain rendez-vous chez le médecin du patient, or il peut s’écouler jusqu’à 12 mois entre chaque consultation, » explique le Professeur Marco Carbone, professeur de gastro-entérologie à l’Université de Milan-Bicocca et spécialiste en hépatologie, Centre de transplantation hépatique Niguarda, Milan. « Il est important non seulement que nous examinions régulièrement nos patients atteints de CBP pour nous assurer que les taux d’alkaline phosphatase (ALP) et de bilirubine se situent dans les limites normales, mais également que nous échangions sur les symptômes pouvant altérer leur qualité de vie, et qui sont ainsi susceptibles de conduire à un arrêt des traitements actuels. »
Rédaction : PhDu, albi, 02/08/24
Source : communiqué Ipsen
