Le Cholurso, nouveau médicament pour les maladies biliaires

Le Cholurso, nouveau médicament pour les maladies biliaires

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Le laboratoire français Mayoly-Spindler a récemment mis sur le marché le Cholurso, un acide ursodésoxycholique, pour le traitement des maladies biliaires. La présidente d’Albi, Angela Leburgue, a rencontré Eva Malnou, chef de gamme Hépato-Gastroentérologie chez Mayoly-Spindler (interview réalisé en janvier 2015).

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A.L.
Madame Malnou, l’apparition récente du « Cholurso » sur le marché des médicaments nous a incités à rencontrer votre laboratoire qui le produit, Mayoly Spindler, et voir quel type de d’échange pouvait être envisagé entre votre société et notre association. Nous vous en remercions. Ma première question est de vous demander ce qui vous a poussé à vous intéresser aux maladies inflammatoires des voies biliaires ?

E.M.
Mayoly Spindler est un laboratoire français, familial, indépendant qui depuis 1909 entreprend pour la santé et le bien-être de toute la famille. Son savoir-faire s’est construit notamment en gastroentérologie, dans le traitement du syndrome de l’intestin irritable ou le traitement de l’insuffisance pancréatique. C’est un domaine vraiment prioritaire pour l’entreprise. Nous souhaitons utiliser notre savoir-faire historique pour mettre à disposition des patients et des médecins une gamme complète de traitements de pathologies en hépato-gastroentérologie. C’est pour cela que nous nous sommes intéressés aux maladies des voies biliaires et que nous avons lancé Cholurso dans le traitement de la cholestase, c’est-à-dire pour le traitement de la cirrhose biliaire primitive, la cholangite sclérosante primitive, les cholestases génétiques telles que celle de la mucoviscidose, la cholestase de la femme enceinte…

A.L.
Les malades, pour la plupart d’entre eux, prennent de façon quotidienne et pendant toute leur vie, de l’acide ursodésoxycholique. Il est donc important que le dosage du principe actif respecte dans la fabrication du produit, des intervalles de tolérance très faibles afin que les prescriptions faites par les médecin soient parfaitement respectées: des sous dosages ou surdosages dus à des intervalles de tolérance trop importants pourraient en effet être néfastes pour les malades. De même, nous sommes sensibles à ce que les taux des impuretés dans la composition des médicaments soient très faibles.Vous me dites que votre société est une société française, est ce que vous assurez à nos adhérents que l’ensemble de vos produits sont fabriqués en France suivant des obligations strictes de qualité ?

E.M.
Oui, tout à fait, notre Laboratoire met un point d’honneur à ce que nos médicaments soient fabriqués en France avec les normes françaises et européennes les plus drastiques.
Notre Laboratoire est implanté essentiellement en France, mais aussi dans de nombreux pays à l’international, et aujourd’hui la qualité des produits « fabriqué en France » est encore un atout qui compte.

A.L.
Est-ce que « Cholurso » présente des différences par rapport aux autres produits disponibles ?

E.M.
Effectivement, « Cholurso » présente des différences.
Tout d’abord, « Cholurso » est la marque d’acide urso la plus récente mise sur le marché (ce n’est pas un générique), il bénéficie donc d’avantages spécifiques.
« Cholurso » a été réfléchi pour être un médicament facile à prendre au quotidien pour les patients, et en leur garantissant efficacité et sécurité. Il existe en 2 dosages (250mg et 500mg sécable). Nos boîtes ont été conçues pour être pratiques : d’une part, il y a 60 comprimés par boîte, et ce grand nombre de comprimés permet d’avoir moins de boîtes à acheter par mois. Il y a ainsi moins de franchise à payer pour vous (les patients sont obligés de s’affranchir d’un montant de 0,53€ par boîte pour n’importe quel traitement). D’autre part, sur les boites, nous avons également pensé à laisser la place pour bien noter la posologie afin que les malades ne se trompent pas dans la prise des comprimés. Et parce que Mayoly Spindler s’engage au niveau environnemental, le carton utilisé pour fabriquer nos boîtes de « Cholurso » est certifié FSC (écolabel garantissant la gestion durable des forêts).
Nous avons suivi également les recommandations françaises pour les patients hospitalisés : ainsi, à l’hôpital, les comprimés de « Cholurso » sont conditionnés à l’unité, avec le numéro de lot et la date de péremption, ce qui distingue notre acide urso de tous les autres et permet une meilleure traçabilité et plus de sécurité dans le circuit du médicament.
Enfin, il est à noter que « Cholurso » est l’acide urso le moins cher du marché, moins cher ne voulant pas dire moins efficace. Mais c’est la législation française qui impose cela, lorsque vous lancez un nouveau produit dans un domaine où il existe déjà des concurrents, vous obtenez un prix naturellement moins cher.

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A.L.
Faisant suite à nos échanges, des actions particulières ont été décidées. Pouvez-vous nous en dire plus ?

E.M.
Ces actions partenaires viseront essentiellement les médecins avec comme objectif qu’ils parlent d’ALBI à leurs patients touchés par les maladies inflammatoires des voies biliaires. Nous déposerons des affiches et des feuilles de présentation de votre association dans les salles d’attente.
Notre première action est une aide à la réalisation de l’affiche qui sera apposée dans les services d’Hépatogastroentérologie dans les hôpitaux, mais aussi dans les cliniques spécialisées. Cette nouvelle affiche a été présentée lors des dernières journées de l’AFEF, société savante en Hépatologie.
Puis viendront différents supports pour que le médecin garde bien en tête l’existence de votre association de patients. Nous pensons également pouvoir aider ALBI à diffuser les résultats des études faites par l’association. J’ai été très impressionnée du travail effectué pour l’étude sur le « Vécu des Patients atteints de CBP, CSP ou HAI ». Je suis persuadée qu’une étude de ce type, relayé par un industriel du médicament, permettra une meilleure prise en charge des patients.
J’ajoute d’ailleurs, que je vous remercie de votre confiance et vous remercie pour votre invitation de venir vous retrouver lors d’une prochaine assemblée générale.

> création: PhDu, albi, le 24/01/2015
> auteurs: albi + laboratoire Mayoly

A tous les malades atteints de Cholangite Biliaire Primitive (Cirrhose Biliaire Primitive), de Cholangite Sclérosante Primitive et d’ Hépatite Auto-Immune et d’autres maladies inflammatoires du foie et des voies biliaires:

Le samedi 17 mai 2014, votre association organise ses 2 réunions annuelles habituelles à Paris.
-A 9h00, les adhérents de l’association et éventuellement leurs familles seront accueillis par un café d’accueil/petit déjeuner.

-A 9h30, aura lieu l’ Assemblée Générale statutaire, puis,

-A partir de 10h00, jusqu’à environ 17h00, la réunion d’information verra se succéder des exposés sur la Cholangite Biliaire Primitive (CBP) (anciennement Cirrhose Biliaire Primitive) , sur la Cholangite Sclérosante Primitive (CSP), l’Hépatite autoimmune (HAI) et d’autres maladies par les Spécialistes du Centre de Référence des Maladies Inflammatoires du Foie et des Voies Biliaires dirigés par les Professeurs Raoul Poupon et Olivier Chazouillères et l’équipe de Recherche de l’Université PARIS VI sous la direction du Professeur Chantal Housset.
L’équipe du département de Psychologie de Santé de l’Université PARIS-DESCARTES animée par Madame Aurélie Untas fera pour sa part un point sur l’étude engagée depuis un peu plus d’un an sur le vécu psychologique des malades.

Le dialogue entre la salle et les intervenants pourra se poursuivre de façon fructueuse durant les pauses et surtout pendant le déjeuner.

L’association fêtera cette année 10 ans d’existence ; nous marquerons donc cet événement d’une manière spéciale et, nous l’espérons, agréable pour tous, durant le déjeuner.

Les convocations à l’AG et les invitations à la réunion d’information ont été envoyées à tous les adhérents. Venez donc nombreux en remplissant votre bulletin de participation et en nous le retournant à l’adresse indiquée accompagné du chèque du montant de votre participation.

Les personnes atteintes de Cirrhose Biliaire Primitive (CBP), Cholangite Sclérosante Primitive (CSP), Hépatite Auto-Immune (HAI) qui ne seraient pas adhérentes d’ALBI et qui seraient intéressées à participer à cette réunion d’information sont priées de contacter avant le 5 mai 2014 le secrétariat de l’association (e-mail : info@albi-france.org, tél :09 77 21 65 47) pour examiner les possibilités d’inscription.

 

> création: DaLe, albi, le 11/04/2014
> source: albi

Information importante à destination des patient(e)s traité(e)s et suivi(e)s pour la CBP (Cholangite Biliaire Primitive , anciennement Cirrhose Biliaire Primitive)

Chères Adhérentes, Chers Adhérents, Chers Visiteurs de notre site et de notre forum,

Le Centre de Référence des Maladies Inflammatoires des Voies Biliaires (CRMIVB) de l’Hôpital Saint-Antoine à Paris tient à porter à votre attention les informations suivantes:

➢ Il est désormais scientifiquement établi que la persistance d’anomalies des tests biologiques hépatiques au cours de la CBP est associée à un risque augmenté de progression de la maladie malgré le traitement par l’acide ursodésoxycholique.
➢ Un essai thérapeutique visant à évaluer dans cette situation un nouveau médicament en administration quotidienne unique en association à l’acide ursodésoxycholique est actuellement en cours.
➢ Cet essai bénéficie du soutien et de la promotion du Ministère de la Santé et implique de nombreux centres répartis partout en France.
➢ Il s’agit d’une occasion unique pour les patients atteints de CBP de pouvoir bénéficier à court terme d’un deuxième médicament efficace pour le traitement de leur maladie.
➢ La réussite de cet essai clinique dépendra de la participation du plus grand nombre de patients possible.

En conséquence, si vous êtes dans la situation suivante:

➢ Patient traité par acide ursodésoxycholique (Cholurso®, Delursan®, ou Ursolvan®) pour une CBP (quel que soit son stade),

➢ Présentant des anomalies persistantes des tests biologiques hépatiques (phosphatases alcalines, GGT, transaminases ou bilirubine).

Nous vous recommandons vivement de contacter l’équipe de coordination de l’hôpital Saint-Antoine (coordonnées ci-dessous) qui vous donnera tous les renseignements nécessaires sur les possibilités de traitement complémentaire.

Dr Farid Gaouar : 01 49 28 22 29
farid.gaouar@sat.aphp.fr
Secrétariat du Centre :
Mme Florence Gonthier : 01 49 28 28 36
cmr.mivb@sat.aphp.fr

Soyez nombreux à participer à cet essai clinique qui apporte une espérance nouvelle dans le traitement de la CBP!

> création: DaLe, albi, le 28/01/2013
> sources: albi + MIVB-H

Nouvel essai thérapeutique dans la Cholangite Biliaire Primitive (anciennement Cirrhose Biliaire Primitive) (CBP)

Le Centre de Référence des Maladies Inflammatoires des Voies Bilaires (CRMIVB) nous demande de vous informer de la possibilité pour vous de participer à l’essai thérapeutique décrit ci-dessous.
En prenant contact directement avec eux (voir coordonnées ci-dessous), ils vous diront si cela peut s’appliquer à votre cas, où cela peut être fait, et comment vous devez procéder.

MISE EN PLACE D’UN NOUVEL ESSAI THERAPEUTIQUE DANS LA CIRRHOSE BILIAIRE PRIMITIVE : APPEL A PARTICIPATION

Vous êtes traités par acide ursodésoxycholique (Delursan ou Ursolvan) pour une cholangite biliaire primitive (anciennement cirrhose biliaire primitive) (CBP). Malgré ce traitement, vos tests sanguins hépatiques ne sont pas strictement normaux. Vos phosphatases alcalines (PAL), en particulier, restent supérieures à 1,5 fois la limite supérieure de la valeur normale du laboratoire. Si vous êtes dans cette situation, vous pouvez peut-être participer à l’essai thérapeutique national multicentrique BEZURSO, dont l’objectif est d’évaluer sur une durée de 2 ans l’efficacité d’un nouveau médicament administré par voie orale en une seule prise quotidienne. Ce médicament, déjà prescrit dans d’autres pathologies chroniques, est bien toléré dans l’immense majorité des cas.
Si vous souhaitez participer à cet essai ou obtenir plus de renseignements, nous vous invitons à nous contacter par téléphone ou par mails aux numéros suivants :

Recherche clinique :
Dr Farid Gaouar : 01 49 28 22 29
farid.gaouar@sat.aphp.fr
ou Secrétariat du Centre :
Mme Florence Gonthier : 01 49 28 28 36
cmr.mivb@sat.aphp.fr

> création: AnLe, albi, le 20/03/2012
> source: albi + MIVB-H

Appel aux malades de CBP, CSP, HAI du Nord-Pas de Calais

Chèr(e) adhérent(e) et visiteur de notre site habitant la région Nord- Pas de Calais ;

Vous le savez, le conseil d’administration d’ALBI a décidé de faire des visites de tous les Centres de Compétences Régionaux avant de resserrer les liens entre  les spécialistes en région et notre association.

Nous avons ainsi commencé en juin dernier en rendant visite au Centre de compétences situé au CHRU de Montpellier.

Nous en avons informé les adhérents de la région Languedoc et avons pu ainsi rencontrer deux adhérentes qui se sont proposées pour démarrer une animation régionale.

Le jeudi 27 octobre dernier, nous avons rendu visite au Centre de Compétences de Lille dirigé par le Professeur Mathurin et avons eu une réunion fort enrichissante avec 4 spécialistes de nos maladies : nous avons ainsi pu comprendre les travaux entrepris par l’équipe lilloise sur ces pathologies, leurs difficultés, et, en échange, nous leur avons fait part des premiers résultats concernant notre enquête sur le vécu des malades et avons émis le souhait que le Centre de compétences parle de l’association à ses patients.

Nous aurons l’occasion de nous rendre à nouveau dans le nord, à Lille en début 2012.

Nous souhaiterions donc à cette occasion pouvoir rencontrer un maximum d’adhérents et malades du Nord-Pas de Calais au cours de cette visite à Lille.

L’objectif serait  de pouvoir faire plus ample connaissance et si possible initialiser ainsi un groupe régional.

Nous vous communiquerons avec suffisamment d’avance la date de notre nouvelle visite à Lille.

Nous espérons que cette perspective vous est agréable.

L’ambition de faire croître l’association est d’améliorer notre efficacité pour venir en aide à tous les malades et en comptant sur des groupes régionaux, les malades peuvent se rencontrer sur place, se sentant moins seuls face à leur maladie.

Nous serions donc très heureux si parmi vous un(e) ou plusieurs adhérent(e)s et/ou non adhérent(e) se porte(nt) d’ores et déjà volontaire(s) pour participer à l’organisation de cette réunion regroupant les malades du  Nord-Pas de Calais.

Nous vous remercions de bien vouloir nous informer si vous seriez prêt(e) à nous rencontrer  à Lille (date et lieu à définir) en début 2012 et si éventuellement vous seriez volontaire pour participer à l’organisation.

Pour ce faire il vous suffit d’écrire à l’adresse de courriel suivante :

info@albi-france.org

Nous comptons sur vous !

> création: DaLe, albi, le 14/11/2011
> source: albi

Le point recherche #4 : la CBP

Octobre 2010 | Rédaction Prof. Poupon Centre de Référence des Maladies Inflammatoires des Voies Biliaires, Hôpital Saint Antoine

 

La cirrhose biliaire primitive (CBP)

Bien que la cause de la cirrhose biliaire primitive reste une énigme, les progrès portant sur l’épidémiologie, les mécanismes et le traitement de la maladie ne cessent de progresser.

L’épidémiologie

L’incidence (c’est-à-dire la fréquence annuelle des nouveaux cas) et la prévalence (la totalité des cas actuels) en Europe, aux Etats-Unis et au Japon se situent entre 2 et 4 cas et 20 à 40 cas pour 100 000 respectivement.

L’étude réalisée en France métropolitaine par le Centre de Référence de l’hôpital Saint Antoine entre le 1er juin 2006 et le 31 mai 2007 donne les chiffres suivants : incidence : 1 pour 100 000 ; si l’on considère les femmes de plus de 45 ans, l’incidence est estimée à 3,6 pour 100 000 ; la prévalence est de 21 pour 100 000 et si l’on considère les femmes de plus de 45 ans, cette prévalence est de 86 pour 100 000 ; soit au total en France métropolitaine environ 13 000 cas. A signaler donc une fréquence de la maladie chez les femmes d’au moins 45 ans qui dépasse le seuil des 2 pour 100 000, seuil qui définit l’existence ou non d’une maladie rare.

Des incidences croissantes ont été notées dans de nombreux pays en particulier aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Cependant, cette constatation pourrait être simplement liée à une meilleure connaissance de la maladie et à sa détection plus fréquente grâce à l’utilisation en routine des tests permettant de mettre en évidence les anticorps anti-mitochondries et la signature de la maladie.

Les causes

Les facteurs génétiques sont évidents et sont attestés par le fait que la maladie est beaucoup plus fréquente chez les parents de 1er degré (estimée à 100 fois). De même, le taux de concordance chez les jumeaux homozygotes est très élevé et quasiment nul pour les faux jumeaux. De nombreux variants de gènes affectant le système immunitaire sont spécifiquement associés à la maladie.

Une grande étude américaine récente a montré qu’une anomalie de la régulation de la cytokine IL-12 et son récepteur, est assez fortement associée à la susceptibilité. Une anomalie de cette cytokine est également observée chez les patients ayant un psoriasis ou une susceptibilité particulière à des infections en particulier dues à des mycobactéries. Sur cette base, il est envisagé actuellement de cibler cette cytokine à l’aide de médicaments qui semblent avoir fait leur preuve dans certaines formes de psoriasis.

La variabilité de la sévérité de la maladie est bien connue. Une étude française des facteurs génétiques de prédisposition et de sévérité montre qu’un gène affectant le fonctionnement des cellules biliaires (gène SLC42 / AE2) influence la progression de la maladie et la réponse à l’acide ursodésoxycholique (AUDC) Cette donnée est intéressante car un modèle expérimental de souris déficiente concernant ce gène développe les caractéristiques de la maladie humaine.

Un bétarétrovirus ressemblant à un virus de la souris (mouse mammalian tumor virus – MMTV) a fait l’objet de controverses au cours des dernières années. Cependant, certaines données récentes à la fois expérimentales et humaines ne permettent pas d’écarter le rôle de ce virus dans le déclenchement de la maladie. En effet, dans les modèles expérimentaux qui miment la maladie humaine, il a été constaté un excès de protéines provenant de ce virus dans l’épithélium biliaire. En outre, les souris traitées par des anticorps contre ce virus ne présentent pas les traits de la maladie. Pour tenter de confirmer ces données expérimentales, le Professeur Mason à Alberta a traité un certain nombre de malades avec des médicaments anti-rétroviraux et a observé une amélioration des tests hépatiques sous ce traitement.

Récemment, il a été fait une observation troublante. Une patiente, infectée par le virus HIV et présentant également ce virus dans le sang a développé en même temps que la maladie virale, une CBP. Elle a été traitée par la combinaison de traitements antiviraux actuellement utilisés, ce qui a permis une très forte amélioration de la CBP, sans que l’on n’ait besoin de lui administrer l’AUDC.

Comme dans d’autres maladies auto-immunes, il est probable qu’à des facteurs génétiques infectieux s’ajoutent des facteurs d’environnement. Deux grandes études ont été récemment publiées, l’une au Royaume-Uni et l’autre en France (réalisée par le centre de référence de l’hôpital Saint Antoine). Ces deux études confirment le rôle favorisant des infections à répétition, en particulier des infections urinaires et les expositions à des toxiques de l’environnement, en particulier contenus dans le tabac. Ces facteurs augmentent le risque de la maladie par un facteur de 3, ce qui est très significatif. En revanche, dans l’étude française, il n’a pas été mis en évidence de lien avec l’utilisation de différents cosmétiques utilisées plus fréquemment par les femmes. La prépondérance féminine ne peut donc être expliquée par ce phénomène. Elle reste un sujet complexe qui ne trouve pas d’explication décisive avec les données actuelles.

Concernant le mécanisme initial de la maladie, le rôle respectif des anticorps anti-mitochondries et d’une anomalie éventuelle des cellules biliaires reste un point d’interrogation. La cellule biliaire (lorsqu’elle est en apoptose, c’est-à-dire en « fin de vie ») contrairement à d’autres cellules de l’organisme présente à sa surface l’antigène mitochondrial reconnu par les anticorps anti-mitochondries. Lorsque que in vitro, on met en présence la membrane externe des cellules biliaires en présence de macrophages (dérivés des monocytes) et les anticorps anti-mitochondries, se produit une inflammation qui induit une mortalité accrue de cellules biliaires. Ces résultats indiquent que les anticorps anti-mitochondries pourraient participer – contrairement à la théorie actuelle – au mécanisme des lésions hépatiques. Les cellules immunitaires (monocytes-macrophages) des patients auraient donc une réactivité anormale vis-à-vis de la cellule biliaire, lorsque celle-ci entre en apoptose.

La prise en charge de patients ayant une CBP a fait l’objet de recommandations par l’association américaine des maladies du foie (AASLD) et l’association européenne d’étude pour le foie (EASL). Le détail de ces recommandations peut être trouvé sur le site de ces deux sociétés savantes. D’une manière générale, ces recommandations s’adressent aux non spécialistes. Le centre de référence des maladies biliaires de l’hôpital Saint Antoine a participé à la rédaction de ces recommandations. L’ensemble des patients français bénéficient donc de ces recommandations depuis plusieurs années.

Au plan thérapeutique, tous les patients ayant des anomalies biologiques sont justiciables du traitement par l’AUDC (Acide Urso Désoxycholique). On estime en revanche que les patients n’ayant pas d’anomalie biologique (élévation des transaminases et des phosphatases alcalines) ne sont pas justiciables d’un traitement mais simplement d’une surveillance. Néanmoins, comme ce traitement n’a pas d’effet secondaire, seulement un coût (modéré), on ne refuse pas de traiter les patients qui n’ont pas d’anomalie biologique si ceux-ci le demandent expressément.

Tout le monde admet maintenant que l’AUDC améliore ou normalise les tests biochimiques, en particulier la bilirubinémie et ralentit la progression de la fibrose ou la stoppe.

Des études observationnelles menées sur le long terme ont montré que la survie des patients ayant un stade précoce n’était pas différente d’une population contrôle. En revanche, l’évolution des malades débutant le traitement à un stade tardif pose toujours un problème important puisque la survie sans transplantation hépatique de ces patients reste inférieure à une population témoin.

Tout le monde s’accorde à penser maintenant que le but du traitement est d’obtenir la meilleure réponse biochimique possible, l’idéal étant la normalisation de la bilirubinémie et des tests biochimiques courants, transaminases et phosphatases alcalines évaluées tous les 3 mois pendant la première année puis ensuite bi-annuellement.

Lorsque la réponse biochimique n’est pas satisfaisante ou optimale, un traitement complémentaire est nécessaire. Le choix du traitement complémentaire pose un problème difficile et demande une analyse extrêmement attentive et critique du dossier du patient.

Dans cette situation, une analyse d’un fragment de biopsie hépatique est toujours nécessaire. Lorsqu’il existe des signes d’inflammation importants à l’examen histologique du foie, un traitement complémentaire par glucocorticoïdes (de préférence le budésonide) couplé au mycophénolate mofétil ou à l’aziathioprine, s’avère nécessaire. Le mycophénolate mofétil et l’aziathioprine ont pour but d’utiliser le minimum de glucocorticoïdes qui peuvent avoir des effets secondaires gênants. Avec ce traitement, nous obtenons après une durée de 2 à 3 ans une amélioration considérable de l’état du foie.

Lorsque l’inflammation hépatique à l’examen histopathologique n’est pas majeure, l’utilisation de fibrates pourrait être efficace. Les fibrates représentent une classe de médicaments utilisée depuis de nombreuses années dans le traitement des hyperlipidémies associées au diabète. Plus récemment, il a été montré que cette classe de médicaments aurait une activité immuno-modulatrice et en particulier bénéfique dans différents modèles expérimentaux de maladies inflammatoires et auto-immunes. L’utilisation de ce médicament lorsque l’indication est bien posée, permet d’obtenir une normalisation des tests biologiques dans près de 60 à 70% des patients n’ayant pas une réponse optimale à l’AUDC. Il est très important de souligner que ce médicament doit toujours être donné en association à l’AUDC. Afin de préciser les effets à long terme de l’association AUDC/fibrates, un programme hospitalier de recherche clinique national va débuter en France et nous souhaitons donc qu’un maximum de patients puisse participer à cet essai afin de confirmer les résultats préliminaires.

L’autre classe de médicaments actuellement en expérimentation est représentée par ce qu’il est convenu d’appeler les « agonistes  FXR ». FXR une protéine présente en grande quantité dans le foie qui a la propriété d’être activée dans certaines circonstances d’agression et d’exercer des effets bénéfiques. Quelques patients en France, en particulier à l’hôpital Saint Antoine, ont pu bénéficier de ce traitement jusqu’à présent. Cependant, les résultats, bien qu’encourageants sur le plan biochimique, doivent être confirmés par la poursuite des essais thérapeutiques à plus long terme.

La vitamine D fait l’objet actuellement de nombreuses études compte tenu de ses effets bénéfiques non seulement sur la masse osseuse mais également dans la prévention des maladies infectieuses et auto-immunes. De nombreux arguments suggèrent que la vitamine D pourrait avoir un effet bénéfique dans les maladies inflammatoires des voies biliaires, en particulier dans la CBP et la cholangite sclérosante. En effet, nous avons montré en particulier que la vitamine D augmentait les défenses des voies biliaires contre les infections en stimulant la sécrétion de peptides antimicrobiens. C’est la raison pour laquelle le dosage de la vitamine D dans le sang doit être effectuée chez tous les patients. Une carence est observée très fréquemment au cours des maladies inflammatoires. On estime que le taux sérique des patients doit être supérieur à 35 ng/mL. Un taux inférieur justifie donc une supplémentation en vitamine D de l’ordre de 100 000 unités tous les 3 mois.

 

> création: AnLe, albi, le 23/10/2010
> auteur: RaPo, médecin, octobre 2010