Une enquête européenne sur la recherche de diagnostic

Une enquête européenne sur la recherche de diagnostic

Avec une maladie rare, le premier combat qui attend les malades et leurs familles est l’obtention d’un diagnostic : il s’agit souvent du combat le plus désespéré.

Le manque de connaissance de leur pathologie rare met souvent la vie des malades en danger et entraîne d’importants gaspillages: retards injustifiés, consultations médicales multiples et prescriptions de médicaments et traitements inappropriés, voire nocifs. Parce que les connaissances sur la plupart des maladies rares sont très minces, les diagnostics précis sont souvent tardifs, alors que le malade a déjà été traité – pendant plusieurs mois, voire plusieurs années – pour une autre maladie plus commune. Souvent, seuls quelques uns des symptômes sont reconnus et traités.

Il est donc essentiel pour les associations de patients, et pour la filière médicale en général, de bien identifier et mesurer les étapes du parcours qui mène au bon diagnostic de la maladie.

C’est le travail qu’entreprend actuellement EURORDIS, une alliance d’associations de malades de 74 pays, en Europe principalement, mais également au-delà.

En vous interrogeant sur les aides auxquelles vous avez eu accès, sur les difficultés que vous avez rencontrées ou sur les conséquences de l’absence de diagnostic ou d’une erreur de diagnostic, nous saurons mieux comment améliorer le parcours diagnostic des personnes vivant avec une maladie rare.

Nous vous invitons à répondre au questionnaire sur la manière dont s’est déroulé votre parcours vers le diagnostic de votre maladie. Il est assez rapide (15-20 mn maximum), et votre expérience est importante pour améliorer la prise en charge de nos maladies. Vous pouvez répondre jusqu’au 15 juin.

Comme toujours, nous partagerons avec vous les principaux enseignements de cette étude.

3 projets de recherche primés par la Fondation Maladies Rares & l’association albi

3 projets de recherche primés par la Fondation Maladies Rares & l’association albi

La Fondation Maladies Rares soutient une recherche d’excellence pour comprendre les causes et les mécanismes physiopathologiques des maladies rares, développer de nouveaux traitements, et améliorer le parcours de vie des personnes malades.

La Fondation mène une politique scientifique active et lance 4 à 6 appels à projets par an. Elle offre aux équipes de recherche lauréates un financement, un accès à des technologies innovantes telles que le séquençage de nouvelle génération (exomes, génomes entiers et nouvelles technologies d’intérêt dans ce domaine), le développement de modèles animaux, le criblage à haut débit de molécules présentant un potentiel thérapeutique. Les expertises sur ces nouvelles technologies sont apportées par des plateformes technologiques spécialisées.

Fin 2021 la Fondation et l’association albi se sont rapprochées pour lancer un appel à projet afin d’accompagner et de financer des recherches autour des maladies du foie et des voies biliaires. Cet appel vise à soutenir des programmes de recherche, innovants et transdisciplinaires, dans la compréhension fondamentale de ces pathologies.

Trois lauréats ont été sélectionnés sur la qualité de leur proposition et du potentiel de leurs recherches.

CSP et immunité

Porté par le Pr. Jamila Faivre (UMR-S 1193 INSERM/Université Paris-Saclay, Hôpital Paul Brousse) et s’appuyant sur une large cohorte de foies de patients ayant bénéficié d’une transplantation, ce projet vise à démêler les différents sous-types immunitaires de la Cholangite Sclérosante Primitive (CSP). Il étudiera comment les différents sous-types de cellules immunitaires infiltrantes pourraient contribuer à l’hétérogénéité clinique de la maladie ainsi qu’au développement tumoral.

Sylvie Job (en charge du traitement des données bio-informatique, bio-statistique) et Jamila Faivre

CSP et microbiote

Porté par le Dr. Sara Lemoinne (UMR-S 938 INSERM/Sorbonne Université, Hôpital Saint-Antoine) et utilisant un modèle pré-clinique, ce projet évaluera l’effet sur la CSP de Faecalibacterium prausnitzii (FB), bactérie commensale du microbiote intestinal aux propriétés anti-inflammatoires connues. Parallèlement, le microbiote intestinal de patients souffrant de CSP sera analysé pour établir l’éventuelle corrélation entre abondance de FB et sévérité de la maladie. 

Sara Lemoinne

Maladies auto-immunes du foie

Porté par le PhD. Amédée Renand (UMR 1064 INSERM/Université de Nantes, Hôtel-Dieu) et exploitant des tests fonctionnels in vitro, ce projet évaluera la sensibilité aux hormones stéroïdiennes des cellules impliquées dans l’auto-immunité hépatique. Il cherchera également à établir la relation entre les niveaux sanguins d’hormones stéroïdiennes et de lymphocytes T CD4 auto-réactifs avec le devenir clinique des patients souffrant d’une maladie auto-immune du foie.

L’équipe de recherche autour d’Amédée Renand

A suivre…

Ces projets peuvent paraître très pointus (ils le sont !) et loin d’avoir un impact direct sur le traitement que vous suivez actuellement. Mais ils sont fondamentaux et indispensables pour imaginer de nouvelles solutions thérapeutiques pour nos maladies dont les mécanismes sont encore très mal connus, et dont on n’a pas encore trouvé de traitement permettant une guérison définitive. L’espoir des chercheurs, et le nôtre en soutenant ces projets, est que ces recherches débouchent sur des traitements, des médicaments, des prises en charge plus efficaces de nos maladies dans les années qui viennent.

Si la CBP ne semble pas entrer dans le champ de recherche de ces trois projets (la CBP fait l’objet d’autres recherches soutenues par albi), ce n’est pas tout à fait exact car la proximité de nos maladies fait que chaque avancée sur une maladie donnée bénéficie à l’ensemble des maladies des voies biliaires.

A suivre, donc… Les équipes de chacun de ces projets viendront rendre compte de leurs travaux lors de la prochaine journée albi en octobre 2022, et certainement lors de l’édition 2023.

Grâce à vous !

Si ces projets ont pu être financés, c’est grâce à la générosité des adhérents d’albi et de nos partenaires. Une grande majorité d’adhérents font une contribution volontaire, un don, au-delà de leur cotisation annuelle de 20 €. Ces dons permettent de financer de tels projets.

Pour faire un don, c’est très simple !

albi s’associe avec ComPaRe, communauté de patients pour la Recherche

albi s’associe avec ComPaRe, communauté de patients pour la Recherche

En cette rentrée 2021,  notre association albi est heureuse de vous annoncer son partenariat avec la Communauté de Patients pour la Recherche (ComPaRe) érigée par l’AP-HP ( Assistance Publique-Hôpitaux de Paris ).

ComPaRe ( la Communauté de Patients pour la Recherche) est un grand projet de recherche public porté par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et l’Université de Paris. Ce projet vise à accélérer la Recherche sur toutes les maladies chroniques en incluant le patient dans le processus de recherche. Avec ComPaRe, tous les patients atteints d’au moins une maladie chronique peuvent aider la recherche de chez eux en répondants à des études sur divers sujets, notamment la maladie ou  leur prise en charge.

Les données sont collectées sur une plateforme sécurisée de l’AP-HP et mises à portée d’équipes publiques de chercheurs. Elles ne seront jamais vendues ou cédées à des laboratoires privés. S’ils le désirent, les patients peuvent également s’impliquer plus et apporter leur aide sur toutes les étapes de la recherche, de la conception de l’étude jusqu’à sa diffusion.

Pour davantage d’informations, vous pouvez vous connecter sur le  site internet de ComPaRe  ou vous aurez accès aux résultats des diverses études réalisées précédemment. D’autre part vous pouvez aussi accéder aux différents réseaux sociaux de cette communauté : Facebook , Instagram, ou Twitter

 

rédaction > 03/09/2021 GuDi albi
sources > albi, ComPaRe
Mystérieux café

Mystérieux café

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L’origine de nos maladies reste une inconnue. On soupçonne que des facteurs environnementaux entrent en jeu, qu’un terrain génétique pourrait favoriser leur apparition, que le microbiote joue un rôle… mais tout cela reste flou. Les chercheurs cherchent un peu tous azimuths dans l’espoir d’y voir plus clair, et ainsi d’avancer vers des traitements toujours plus efficaces.

Une des nombreuses pistes de recherche, à première vue insolite, est autour du café. Une étude récente de l’Université d’Indiana et de la Mayo Clinic (1) établit que les malades d’hépatite auto-immune (HAI) ont une consommation de café moindre que la moyenne. 25% des malades de HAI ne boivent jamais de café, contre 16% de la population; et ceux qui en boivent en prenaient de plus faibles quantités et moins souvent.

Cette observation rejoint une étude de 2014, également de la Mayo Clinic (2) sur le lien entre la consommation de café et la Cholangite sclérosante primitive (CSP) et la Cholangite biliaire primitive (CBP). Les malades de CSP consomment moins de café que la moyenne : 24% n’en boivent jamais contre 16% de la population, et 67% des malades en boivent comparé à 77% de la population. Par contre, on ne trouve pas de différence entre les malades de CBP et la population.

Faut-il de ce pas courir vous faire couler un petit noir ? Pas si vite, ce n’est pas si simple… Un commentateur de l’Université de Stanford (3) relève qu’une explication pourrait être que les personnes malades de cholangite souffrent souvent de problèmes intestinaux qui n’encouragent pas la consommation de café — la consommation plus faible serait donc une conséquence de la maladie et non une cause.

Si les chercheurs s’intéressent aux relations entre le café et les maladies biliaires, ce n’est pas pas hasard, ou une lubie. Les effets protecteurs du café sont prouvés pour nombre de maladies chroniques du foie, comme la NASH, l’hépatite C, les cirrhoses et le carcinome hépatocellulaire. Mais on ne comprend pas encore précisément pourquoi. Le café contient des milliers de composants chimiques, on connait les effets de certains d’entre eux et l’on a donc des commencements d’explication. Mais on est encore dans le doute par exemple sur l’impact du mode de préparation du café : le café filtre produit moins de cafestol et de kahwéol qu’un expresso, ces deux composants ayant des effets négatifs sur le foie. Le café décaféiné apporte-t-il les mêmes bénéfices ?

S’il est donc difficile, au stade actuel des connaissances, de recommander aux malades de modifier leur consommation de café, il est certain qu’il y a là un terrain à explorer pour les chercheurs : quels sont dans le café les composants et mécanismes bénéfiques au foie ? Peut-être une piste pour la mise au points de nouveaux traitements…

 

  1. Lammert C, Chalasani SN, Green K, Atkinson E, McCauley B, Lazaridis KN. Patients with Autoimmune Hepatitis Report Lower Lifetime Coffee Consumption. Dig Dis Sci. 2021 Apr 30. doi: 10.1007/s10620-021-06989-1. Epub ahead of print. PMID: 33939140.
  2. Lammert C, Juran BD, Schlicht E, Xie X, Atkinson EJ, de Andrade M, Lazaridis KN. Reduced coffee consumption among individuals with primary sclerosing cholangitis but not primary biliary cirrhosis. Clin Gastroenterol Hepatol. 2014 Sep;12(9):1562-8. doi: 10.1016/j.cgh.2013.12.036. Epub 2014 Jan 16. PMID: 24440215; PMCID: PMC4101072.
  3. Kumari R, Kim WR. Coffee: a panacea or snake oil for the liver? Clin Gastroenterol Hepatol. 2014 Sep;12(9):1569-71. doi: 10.1016/j.cgh.2014.04.015. Epub 2014 Apr 24. PMID: 24768813; PMCID: PMC4142094.
rédaction > 7/5/2021 PhDu albi
sources > voir ci-dessus
Les résultats de l’enquête albi sur les médicaments de la CBP

Les résultats de l’enquête albi sur les médicaments de la CBP

Vous avez été plus de 600, malades de Cholangite Biliaire Primitive, à répondre à notre questionnaire diffusé en fin d’année 2020. Les questions portaient essentiellement sur les médicaments pris pour combattre la maladie : acide urso-désoxycholique (AUDC) en priorité mais aussi les traitements, relativement nouveaux, comme les fibrates ou l’acide obétIcholique (Ocaliva) qui accompagnent l’AUDC en cas d’effet insuffisant. Notre objectif était d’approfondir sur ces sujets les études réalisées ces dernières années.

Cette étude confirme que le traitement actuel par AUDC, éventuellement complété par les médicaments nécessaires pour faire face à une hépatite auto-immune associée ou combinés aux traitements de deuxième intention, mène à la stabilisation, voire l’amélioration, de la maladie dans la très grande majorité des cas. Seulement 1 malade sur 10 témoigne d’une maladie en dégradation ou d’un traitement qui doit encore faire ses preuves.

Cependant, une part importante des traitements ne respecte pas les recommandations de posologie de l’acide urso-désoxycholique (de 13 à 15 mg/kg/jour).

Cette étude confirme l’importance des effets indésirables, à la fois liés à la maladie et aux traitements comme fatigue, douleurs articulaires, démangeaisons, etc.

Vous êtes une majorité à être également sujet à une pathologie parallèlement à votre CBP, majoritairement d’autres maladies auto-immunes.

Les traitements de seconde intention concernent environ 1 malade sur 5. Notre étude montre qu’ils sont moins bien tolérés que l’AUDC, mais certains malades considèrent ce traitement d’appoint comme indispensable.

Nous avons une fois de plus confirmation que le travail de communication, information, formation des malades doit être intensifié. Nous considérons que les malades, représentés par les associations de patients, doivent participer à la construction de la politique de santé et travailler en collaboration avec les équipes médicales, comme nous le faisons depuis la création d’albi. Les enquêtes sont un moyen puissant pour la transmission des messages des malades et apporter un autre éclairage aux professionnels de santé. Comme l’écrit la Haute Autorité de Santé : “les patients disposent d’un savoir spécifique sur leur maladie. L’expérience sur le vécu de la maladie, les traitements existants, les parcours de soins, les besoins, enrichit l’évaluation des médicaments et des dispositifs médicaux.” Les patients exprimant leurs difficultés, souvent en les hiérarchisant, contribuent à l’orientation des axes de recherche nécessaires à l’amélioration de leur état de santé.

L’analyse complète des résultats de cette étude est maintenant disponible (cliquez sur ce lien ou dans le menu « comprendre sa maladie »). Nous tenons à remercier les participants d’avoir répondu à cette étude rassemblant un nombre inédit de malades de CBP. Vos commentaires sont les bienvenus sur notre forum, ou sur notre page Facebook.

 

 

rédaction > 20/03/2021 PhDu albi
sources > sources : les concepteurs et auteurs de l’enquête et de son analyse: Philippe Durand, Angela Leburgue, Daniel Leburgue, tous administrateurs d’albi
Congrès international du foie 2020 : la recherche progresse ! (focus sur l’HAI)

Congrès international du foie 2020 : la recherche progresse ! (focus sur l’HAI)

Fin août, l’association albi a participé au congrès scientifique des hépatologues européens, EASL (European Association for the Study of the Liver – Association européenne pour l’étude du foie), nous vous en avons parlé récemment. Compte tenu du contexte sanitaire, le congrès 2020 s’est déroulé exclusivement en distanciel. Pendant 3 journées, de multiples ateliers ont abordé tous les sujets médicaux liés au foie. Les maladies rares y tiennent bonne place.

Ces échanges entre chercheurs et praticiens sont d’une grande importance pour nous, malades. Ils permettent de mieux connaître la manière dont les maladies se développent, donc de mieux cibler les traitements permettant de la freiner. Il y de nombreux échanges sur l’identification de marqueurs biologiques permettant d’identifier la maladie et de mesurer sa progression (ou sa régression, soyons optimistes !). On parle aussi dans ces conférences des symptômes et de l’amélioration de la qualité de la vie des malades.

Après les communications sur la Cholangite Sclérosante Primitive (CSP) que nous avons analysées dans un article récentAlbi porte une attention particulière dans cet article aux communications écrites concernant l’Hépatite Auto-Immune (HAI). Ces communications sont appelées « posters » et sont des résultats de recherche sous forme d’affiche synthétique, habituellement exposées lors des congrès médicaux en marge des conférences.

Pour cette maladie, le comité scientifique de l’EASL avait sélectionné une vingtaine de communications. Les équipes anglaises étaient particulièrement représentées avec 4 posters, mais un pays moins puissant comme la Grèce concourt également aux avancées de la recherche avec 3 études particulièrement pertinentes. Côté français figurait l’équipe nantaise (Amédée Renand, Sophie Conchon, Jérôme Gournay,…) qu’albi soutient depuis plusieurs années.

Certes, beaucoup de ces études restent exploratoires. Elles exploitent les données de cohortes parfois restreintes. Elles n’aboutissent pas toujours à des conclusions formelles. Mais elles témoignent de l’implication de la communauté scientifique internationale sur nos maladies et sont très porteuses d’espoir.

Voici un rapide panorama des travaux présentés.

>  Deux études s’intéressent à la qualité de vie des personnes malades. Une enquête, exploitant un questionnaire international standard, confirme que le fardeau symptomatique est globalement élevé pour la HAI. Notamment, les indicateurs de la cholestase (phosphatases alcalines, bilirubine…) impactent l’activité des patients. Par ailleurs, le déroulement des grossesses pour des femmes atteintes de HAI (y compris en présence de cirrhose hépatique) a été observé. Pour une très grande majorité, ces grossesses aboutissent à des naissances vivantes. Une rémission immunologique et biochimique se produit tant que la patiente est enceinte. En revanche, on note souvent une poussée de la maladie juste après l’accouchement.

> Les aspects épidémiologiques, ont été abordés par une très vaste analyse rétrospective des hospitalisations liées à la HAI (cause première ou symptôme secondaire) aux USA. Elle constate une forte progression de ces hospitalisations au fil des ans, sans pouvoir préciser si celle-ci est liée à l’amélioration du diagnostic HAI ou à une réelle augmentation des troubles auto-immuns dans la population. Une autre étude s’est intéressée à la prévalence du carcinome hépato-cellulaire ainsi qu’aux facteurs de risque de le développer en cas de HAI. Enfin, deux équipes se sont inquiétées pour les malades HAI d’une possible susceptibilité à déclarer une stéatohépatite métabolique (NASH) ou une infection par le virus de l’Hépatite E, mais finalement la prévalence de ces maladies semblerait conforme à la population générale.

> Pour améliorer le diagnostic sur la fibrose, notamment en cas de poussée active de la maladie qui peut biaiser les résultats, une étude recommande de pratiquer une élastographie complémentaire de la rate. Une autre se penche sur la signification clinique des anticorps anti-mitochondries, souvent présents chez les patients HAI. Par ailleurs, l’élaboration d’outils pronostiques reste une préoccupation avec la recherche des facteurs prédictifs d’une bonne réponse à la corticothérapie en cas de HAI aiguës ou d’overlap HAI-CBP et le développement d’un indicateur d’espérance de vie sans transplantation.

> Concernant les traitements, une étude préconise des analyses sériques pour contrôler et ajuster finement le dosage des médicaments immunosuppresseurs de type Azathioprine. En effet, tenir compte du métabolisme propre au patient permettrait de réduire les poussées de la maladie, les rechutes et les réactions indésirables. Par ailleurs, on rapporte deux cas de patients, souffrant de HAI réfractaire avec fibrose avancée, auxquels l’anticorps monoclonal Belimumab a été administré avec succès comme traitement de 3° ligne. Enfin, on a procédé sur des souris à des greffes de cellules souches mésenchymateuses qui ont semblé atténuer leur HAI induite.

> Dans le domaine de l’auto-immunité, l’équipe de Nantes citée plus haut fait un point d’étape sur ses avancées, à savoir la caractérisation fine et étendue des lymphocytes TCD4 auto-réactifs impliqués dans l’inflammation hépatique et dans l’apparition des auto-anticorps (cf. notre actualité du 1° septembre). Dans un esprit proche, une autre étude s’est focalisée sur un complexe immunitaire (auto-antigène/anticorps) spécifique à l’HAI de type 2. Là encore, l’idée est de développer une immunothérapie ciblée. Par ailleurs, sur des souris et donc dans le cadre d’une HAI expérimentale, on a examiné le mécanisme de perte de tolérance du système immunitaire aux antigènes hépatiques. Dans le foie même, se produirait une maturation pathogène de lymphocytes TCD4 auto-réactifs naïfs combinée à un affaiblissement de la fonction modératrice des lymphocytes T régulateurs. Enfin, un dernier travail suggère que les gènes surexprimés dans une biopsie hépatique permettraient de prédire la réussite d’un sevrage du traitement immunosuppresseur.

> Sur le terrain de la biologie moléculaire, une équipe a examiné l’impact, pour la HAI, du polymorphisme de deux molécules : celui de la protéine PD1 (qui est associé à une susceptibilité au lupus) et celui l’interleukine IL-28B (qui est associé à une stéatose en cas d’hépatite C et à une fibrose en cas de stéatose hépatique non alcoolique NAFLD). Elle conclut qu’en cas de HAI, certains génotypes de l’IL-28B seraient associés à une fibrose avancée ou une moindre réponse aux traitements. Ils pourraient donc constituer des biomarqueurs de la maladie. Une autre étude avance que, pour les personnes présentant une mutation faux-sens du gène Lnk (par ailleurs identifié comme gène de susceptibilité pour la HAI), un stress métabolique (alimentation chargée en graisse notamment) pourrait déclencher l’apparition de la maladie.

> Enfin, une recherche porte sur l’axe intestin-foie. Elle constate, dans le plasma des patients HAI, des niveaux accrus pour certaines vésicules extracellulaires bactériennes (VEB) systémiques. Ces VEB pourraient contribuer à la résistance de la maladie aux corticoïdes.

 

> Rédaction PiCo, albi 15/12/20
> Sources : posters présentés lors de l’ILC 2020 (https://ilc-congress.eu)